La fonte du permafrost entraîne des problèmes majeurs dans l’Arctique canadien

La combinaison de l’élévation du niveau de l’océan et des effets du changement climatique mondial en cours provoque des variations marquées dans les régions arctiques de la planète.

Ces modifications à la normalité des régions nordiques sont visibles surtout à mesure que les paysages gelés se réchauffent et dégèlent, conclut le nouveau rapport Rapid Response Assessment of Coastal and Offshore Permafrost (en anglais seulement) produit par le gouvernement du Canada. 

Cette étude, effectuée à la demande du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de GRID-Arendal, un centre de communications de la Norvège, a trouvé que parmi les changements observés les dernières années, certains affectent les infrastructures et les populations vivant le long de la côte arctique, dont :

  1. l’érosion rapide des côtes,
  2. l’affaissement du sol, les glissements des terrains
  3. la modification de la dynamique des eaux souterraines et de surface (lacs, cours d’eau et infiltrations en surface)

Les données obtenues par les chercheurs assignés coïncident avec celles que d’autres chercheurs locaux et des résidents des communautés arctiques ont signalées auparavant lorsque consultés par des instances nationales et internationales.

Les collectivités nordiques du Canada telles que Tuktoyaktuk ressentent déjà quotidiennement les effets des changements climatiques.

Depuis longtemps, ils se disaient préoccupés par la rapidité avec laquelle les changements climatiques modifient le pergélisol (permafrost) dans les collectivités du Haut-Arctique canadien, particulièrement.

Les impacts sont réels et profonds : le Canada possède le littoral arctique le plus long au monde, et ces zones se sont réchauffées deux à trois fois plus rapidement que la moyenne du réchauffement mondial au cours des 50 dernières années.Extrait du rapport

L’urgence d’élaborer un plan d’action scientifique pour résoudre ce problème a été soulignée dans le rapport qui a étudié en profondeur l’état du pergélisol sur terre et en mer et auquel ont contribué 13 chercheurs de la Commission géologique du Canada (CGC) du ministère Ressources naturelles Canada (RNCan).

Impacts dans les communautés

Les problèmes se concentrent surtout sur la côte de la mer de Beaufort au Canada et en Alaska, ainsi que sur les rivages de la mer de Sibérie orientale.

Dans des collectivités comme Tuktoyaktuk (Territoires du Nord-Ouest), par exemple, la fonte du pergélisol constitue souvent une menace pour les maisons, les routes et d’importants sites culturels, ainsi que pour les milieux marin et côtier.

Ce phénomène a un effet profond sur les traditions nordiques et autochtones, plus spécialement dans les collectivités dont la survie dépend de la terre, de la mer et de la glace.Extrait du rapport

L’étude s’est aussi penchée sur les liens entre les changements climatiques et la fonte du pergélisol (permafrost) et évalue les impacts réels sur les habitants du Nord et les implications plus vastes dans le monde.

Ce sujet d’importance constitue une priorité pour les chercheurs et d’autres personnes et groupes concernés dans le monde entier.

Lorsque le PNUE a lancé pour la première fois un appel à contribution il y a plus de deux ans, plus de 70 experts de renom et membres de la communauté locale se sont montrés intéressés.

Photo d’un affaissement important le long du littoral arctique.

La fonte du pergélisol sur la côte peut entraîner des affaissements de terrain et d’autres dangereuses modifications au paysage.

Scott Dallimore, chercheur canadien à la CGC, a assumé le rôle de responsable technique dans ce projet et ne manque jamais de souligner l’ampleur de cette remarquable collaboration et le niveau d’engagement qu’elle a suscité.

Une approche mondiale est nécessaire

 Nous avons adopté une démarche interdisciplinaire qui a permis de regrouper des géologues, des spécialistes du pergélisol, des chercheurs des milieux marin et côtier, des géophysiciens et des bio-géochimistes.

Nous avons sollicité la contribution d’enseignants du Nord et avons discuté avec des ingénieurs qui s’efforcent d’entretenir les infrastructures nordiques.

Plus important encore, nous voulions que les habitants du Nord nous décrivent les changements qu’ils souhaitent que nous apportions à nos méthodes de travail scientifiques dans l’Arctique afin qu’ils puissent s’impliquer plus directement dans activités et que les jeunes de leurs communautés puissent aussi y participer.  Scott Dallimore

Trois photos du chercheur Scott Dallimore au travail dans l’Arctique canadien.

À la lumière d’une évaluation de première main de l’état du littoral dans l’Arctique canadien, Scott Dallimore et un groupe international de plus de 70 collaborateurs affirment qu’il faut élaborer un plan d’action dès maintenant.

Les recommandations disponibles dans le rapport sont d’une portée considérable, selon le ministère canadien de Ressources naturelles.

Elles préconisent notamment de faire participer les communautés locales au processus ; de tenir compte des connaissances locales dans l’activité scientifique; et de faire en sorte que les jeunes Autochtones aient la possibilité de s’impliquer.

Le rapport énonce également des orientations concernant la nouvelle science pour faciliter l’évaluation de géorisques et l’élaboration de stratégies ciblées qui permettront de bâtir des infrastructures plus « résilientes ».

RCI avec les informations de la Commission géologique du Canada (CGC) du ministère Ressources naturelles Canada (RNCan) et GRID-Arendal. 

Pour en savoir plus :

Partager cet article :
fiatlux.tk

Source : Lire l'article complet par RCI

À propos de l'auteur RCI

« Le site multilingue de CBC/Radio-Canada pour découvrir et comprendre les valeurs démocratiques et culturelles des Canadiens de toutes origines. » Politique / Santé / Autochtones / Société / Économie / Immigration et refugiés / International / Environnement et vie animale / Internet, sciences et technologies / Arts et divertissements / Sports Radio Canada International (RCI) est le service radiophonique international de la Société Radio-Canada. Avant 1970, RCI était connu sous le nom de Service international de la CBC. Le service de radiodiffusion était également appelé auparavant la Voix du Canada, diffusant sur ondes courtes à partir de puissants émetteurs à Sackville, au Nouveau-Brunswick. « À son apogée », a déclaré le magazine Radio World, « Radio Canada International était l'un des radiodiffuseurs internationaux sur ondes courtes les plus écoutés au monde ». Toutefois, les services sur ondes courtes ont été supprimés en juin 2012, et RCI est devenu accessible exclusivement via Internet. Elle a également réduit ses services à cinq langues et mis fin à la production de son propre service d'information. (Wikipedia [en], traduit avec DeepL)

1 Comment

Réagissez à cet article

Recommended For You