Des «data centers» d’OVHcloud détruits dans un spectaculaire incendie à Strasbourg

Des «data centers» d’OVHcloud détruits dans un spectaculaire incendie à Strasbourg

Des milliers de sites internet ont été affectés ce 10 mars par d’importantes perturbations après un incendie spectaculaire qui a ravagé dans la nuit à Strasbourg (Bas-Rhin) des data centers d’OVHcloud, dont certains clients craignent désormais la perte définitive de données.

Dans un communiqué, l’entreprise qui figure parmi leaders mondiaux du nuage numérique (cloud) et de l’hébergement de sites web a présenté ses «sincères excuses» aux clients concernés, promettant de mettre en œuvre des solutions pour pallier l’indisponibilité du site strasbourgeois.

Cet incendie et la coupure de courant qui l’a accompagné ont eu des répercussions bien au-delà des frontières françaises, rappelant aux usagers que les données hébergées dans le nuage numérique sont stockées physiquement dans des data centers et donc vulnérables.

Toute la matinée, des structures très diverses comme le spécialiste français de trading de bitcoins Coinhouse, le Centre Pompidou, ou la plateforme d’accès aux données publiques data.gouv.fr ont signalé des perturbations, parfois seulement temporaires, dans l’accès à leurs sites internet ou l’utilisation des courriels. Au total, «12 000 à 16 000 clients ont été impactés», a annoncé OVH à l’AFP.

Certains ont fait part de pertes définitives de données, tel le studio britannique de jeux vidéos Facepunch, éditeur de Rust. «Nous étudions désormais le remplacement des serveurs affectés», a-t-il annoncé sur Twitter. «Les données ne pourront pas être restaurées».

OVHcloud a néanmoins indiqué ne pas être en mesure de confirmer d’éventuelles pertes définitives : en fonction des sauvegardes ou des redondances souscrites, «il existe autant de possibilités que de clients», a avancé la société.

Celle-ci a indiqué avoir engagé un état des lieux des dégâts, après que ses équipes techniques ont reçu dans l’après-midi l’autorisation de pénétrer dans les locaux endommagés. En attendant, OVHcloud a recommandé à ses clients d’enclencher leur «plan de reprise d’activité» si leurs données sont hébergées à Strasbourg.

L’incendie s’est déclaré à 0h47 dans un des 4 centres de données d’OVHcloud installés dans la zone industrielle de Port du Rhin, à l’est de la capitale alsacienne, non loin de la frontière allemande. Il a mobilisé d’importants moyens de secours, dont 115 sapeurs-pompiers et 44 engins, des fonctionnaires de police et des agents la sécurité civile, ainsi que des moyens opérationnels allemands.

«Le feu s’est rapidement propagé dans le bâtiment. On a mis en place un important dispositif hydraulique, à l’aide d’un bateau-pompe de grande puissance (qui a prélevé l’eau du Rhin, ndlr.), pour éviter la propagation aux bâtiments attenants», a déclaré à l’AFP Damien Harroué, commandant des opérations de secours.

Outre les plancher en bois, «ce sont des matières plastiques, ça génère des fumées importantes et des flammes», a-t-il ajouté.

La pollution évitée 

Les sapeurs-pompiers ont réalisé des tests de pollution dans l’atmosphère, qui ont permis d’écarter tout risque de contamination. Le site d’OVHcloud, installé sur une parcelle anciennement occupée par ArcelorMittal, n’est pas classé Seveso, contrairement à d’autres sites de la zone industrielle.

Octave Klaba, le fondateur d’OVHcloud, a annoncé sur Twitter que l’un des quatre centre de données du site, «SGB2», avait été entièrement détruit, et un autre, «SGB1», partiellement. 

«Nous prévoyons de redémarrer SBG1 et SBG4  d’ici le lundi 15 mars et SBG3 d’ici le vendredi 19 mars», a-t-il tweeté. «Nous ajouterons 10 000 serveurs dans les 3 à 4 prochaines semaines». Le site hébergeait 29 000 serveurs avant l’incendie.

Créée en 1999 sous le nom d’OVH, la société OVHcloud avait commencé par faire de l’hébergement de sites internet, avant de se lancer dans les services «cloud» (stockage externalisé de données) pendant la décennie 2010.

Avec quelques rares autres acteurs, cette société porte les espoirs du cloud européen face aux géants américains et chinois de ce secteur devenu stratégique pour l’économie numérique. Elle avait annoncé lundi se préparer à une éventuelle introduction en Bourse.

Le groupe compte 2 450 collaborateurs, dont la moitié en France, et opère 32 centres de données dans le monde, pour un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros en 2019 (dernier chiffre d’affaires communiqué officiellement).

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