Le campement du boisé Steinberg démantelé

Le campement improvisé du boisé Steinberg, dans Hochelaga-Maisonneuve, a été évacué lundi après-midi. Après plusieurs avertissements, les policiers ont investi par dizaines le terrain vers 16 h, ce qui a incité les derniers occupants et les militants qui les appuyaient à quitter les lieux d’eux-mêmes.

Le campement n’est plus, mais pour combien de temps ? C’est ce que se demandait Michel Monette, directeur de l’organisme Care, qui était venu donner son appui aux campeurs. « C’est cavalier et inutile. Ça ne règle pas le problème. Ils auraient pu rester là. Ils ne dérangeaient pas personne », a-t-il commenté, quelques minutes après le démantèlement du camp.

M. Monette a déploré le grand nombre de policiers présents pour l’opération : « C’était comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche. » Selon lui, les autorités auraient dû confier à des organismes comme le sien la gestion de ce campement car, dit-il, les personnes expulsées vont simplement s’installer ailleurs.

Samedi soir, le ministère des Transports du Québec (MTQ), qui est copropriétaire du terrain, avait distribué des avis d’expulsion à la vingtaine de campeurs, car le Service de sécurité incendie de Montréal jugeait qu’il y avait danger de feu. En matinée lundi, plusieurs campeurs avaient déjà choisi de partir.

Fort nombreux, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont demeurés en retrait pendant une grande partie de la journée. En matinée, ils ont toutefois dû intervenir sur un terrain voisin où certains campeurs avaient déménagé leurs affaires. En après-midi, le boisé comptait surtout des militants venus témoigner leur solidarité aux campeurs.

C’était comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche.

 
Vers 16 h, une centaine de policiers en tenue antiémeute ont envahi le terrain et le groupe a quitté bruyamment l’endroit. L’opération s’est toutefois déroulée sans violence.

Des enjeux « trop importants »

La Ville de Montréal estime qu’elle ne pouvait laisser la situation perdurer. « On ne peut pas tolérer la présence de campements organisés sur le territoire de la Ville de Montréal. Il y a des enjeux de sécurité trop importants », a soutenu la responsable du dossier de l’itinérance au comité exécutif de la Ville de Montréal, Nathalie Goulet. L’élue a assuré que tous les campeurs pourraient être hébergés dans des refuges lundi soir et que leurs biens seraient entreposés gratuitement. Elle n’a cependant pas été en mesure de dire combien d’entre eux seraient réellement pris en charge. Plusieurs campeurs avaient déjà indiqué n’avoir aucune intention de se rendre dans les refuges.

Nathalie Goulet a reconnu que la construction de logements sociaux était une priorité de l’administration Plante, mais qu’il faudrait davantage de financement des autres ordres de gouvernements pour répondre aux « besoins [qui] sont énormes ».

Les élus de l’opposition ont pour leur part reproché à la mairesse Valérie Plante son absence sur le terrain et son incapacité à trouver une solution durable à ces campements qui se multiplient depuis l’an dernier. La conseillère Karine Boivin-Roy est revenue sur la proposition du candidat à la mairie Denis Coderre de transformer des hôtels en maisons de chambres, une solution transitoire visant à accompagner les campeurs dans leur recherche d’un logement à plus long terme.

« On revit ce qui s’est passé avec le campement Notre-Dame l’année dernière, a dit l’élue. Une tente sur le terrain, c’est une tente de trop. Ça nous démontre qu’il y a des besoins qui ne sont pas répondus. » Elle a d’ailleurs fait remarquer qu’il y avait des campements ailleurs à Montréal, notamment dans le Plateau-Mont-Royal, dans Ville-Marie et à Lachine. « C’est une situation inacceptable. »
 

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