Aux enfants de cuisiner le monde

Karine Desserre-Pezé est éprise de cuisine. Et pour partager sa passion avec le plus de jeunes possible, la fondatrice de l’organisme C’est moi le chef ! lance vendredi le Festival de cuisine pour enfants. Une façon de les encourager à mettre la main à la pâte et de leur faire découvrir les saveurs typiques de trois cultures bien présentes au Québec.

« Une de nos valeurs, c’est le plaisir. Ça nous semblait important de créer une expérience qui puisse faire voyager les enfants et les familles », relate-t-elle. Elle espère du même coup élargir l’horizon des goûts des jeunes. « Au fil de nos ateliers de cuisine, on s’est rendu compte que si les enfants disent ne pas aimer les courgettes, par exemple, une fois cuisinées autrement et avec de nouvelles épices, ils vont dire : “Ah, j’aime ça, les courgettes de cette façon-là !” »

C’est principalement cette volonté d’ouverture aux saveurs — et aux cultures — qui a incité Karine Desserre-Pezé à organiser ce festival, dont la première édition se tient du 17 au 26 septembre.

Explorer diverses habitudes

« L’idée, c’est de donner l’occasion au plus grand nombre d’enfants possible d’explorer [diverses cuisines]. C’est toujours intéressant de leur faire comprendre que, dans d’autres pays, les familles ne mangent pas comme nous, n’ont pas les mêmes habitudes que nous. Et puis, comme le Québec est riche de différentes communautés, c’était une façon d’en découvrir trois qui sont bien représentées ici », explique celle qui a quitté Paris en 2009 pour s’installer à Montréal. « C’est une façon de favoriser l’inclusion, la découverte de l’autre, la diversité. »

En plus de la cuisine du Québec, celles de la France, du Sénégal et du Mexique seront à l’honneur de cette première édition.

Ces prochaines fins de semaine, les apprentis cuistots seront invités à cuisiner en compagnie d’un chef qui préparera un mets de son pays natal en direct sur Facebook. Ces activités gratuites proposeront notamment des recettes de poulet yassa et de quesadillas à l’avocat, haricots noirs et pico de gallo.

Un autre volet, payant celui-là, offrira des ateliers en petit groupe sur Zoom. Ce sera l’occasion pour les jeunes curieux de pousser plus loin l’exploration culinaire et de s’initier à des techniques un peu plus poussées, comme concocter une sauce béchamel ou travailler des ingrédients moins communs au Québec, comme la banane plantain.

Les petits chefs

Avec ce festival, Karine Desserre-Pezé poursuit sa mission d’ouvrir les horizons des jeunes et, surtout, de leur faire une place en cuisine. Ce qui veut aussi parfois dire reléguer les parents au titre d’aide du chef ! « Je suis profondément convaincue que, pour leur transmettre de saines habitudes alimentaires, c’est important de les impliquer dans la préparation des repas. Il y a des études qui le montrent d’ailleurs : plus les enfants participent à la cuisine, plus ils ont envie de goûter. »

Celle qui porte aussi le chapeau de maman encourage les familles à cuisiner ensemble dès que possible. « On a toujours l’impression, quand on est parent, que la cuisine, c’est plus long ou compliqué [avec notre enfant], qu’il faut attendre qu’il soit suffisamment grand. Mais à partir du moment où on le met en contact avec l’alimentation, on lui donne la chance de commencer à bâtir sa confiance en lui pour aller plus loin. Quand mes enfants étaient plus petits, comme tous les parents, il y avait des moments où c’était plus compliqué, mais je leur confiais souvent des petites tâches simples, comme passer les tomates cerises sous l’eau ou déchirer la salade. »

Karine Desserre-Pezé offre depuis 2017 des ateliers culinaires pour les enfants, notamment au marché Jean-Talon. Avant la pandémie, elle allait aussi rencontrer les jeunes cuistots dans les lieux qu’ils fréquentent grâce à une cuisine mobile. Et si son organisme, C’est moi le chef !, a été forcé de se tourner vers le Web, les événements des derniers mois lui ont ouvert les portes des cuisines de tout le Québec : plus de 200 ateliers ont été donnés au cours de la dernière année. Un changement qui a aussi ses avantages : « Ce que les parents nous disent, c’est que les enfants sont plus à l’aise puisqu’ils sont dans leur propre cuisine, avec leurs propres ustensiles. Après avoir suivi un atelier, ils veulent se remettre à cuisiner. »

Elle ajoute du même souffle qu’il n’est jamais trop tard pour voir les aliments d’un autre œil. « Durant nos ateliers, on propose [aux enfants] de goûter à tous les ingrédients, à différents stades de la préparation : non épluché (si ça s’y prête), épluché, coupé, râpé, une fois cuit… […] Alors plutôt que de dire “j’aime pas les carottes”, ils savent que ce sont les carottes préparées d’une telle manière [qu’ils n’apprécient pas]. »

Ateliers parascolaires

C’est cette même mission qui a aussi mené Karine Desserre-Pezé à bâtir un programme d’ateliers parascolaires pour offrir des outils aux adolescents qui doivent quitter le nid familial. « Plusieurs d’entre eux ne savent pas forcément quoi cuisiner avec un petit budget. On leur apprend des techniques de base et ce que l’on peut manger pour pas trop cher. Tout ça dans un climat de fun et de confiance. […] Ils sont curieux, il faut aller jouer avec cette curiosité-là. »
 

La programmation : cestmoilechef.ca

<h4>À voir en vidéo</h4>

                                                        <p><strong><a href="https://blockads.fivefilters.org/">Adblock test</a></strong> <a href="https://blockads.fivefilters.org/acceptable.html">(Why?)</a>

Source : Lire l'article complet par Le Devoir

À propos de l'auteur Le Devoir

Le Devoir a été fondé le 10 janvier 1910 par le journaliste et homme politique Henri Bourassa. Le fondateur avait souhaité que son journal demeure totalement indépendant et qu’il ne puisse être vendu à aucun groupe, ce qui est toujours le cas cent ans plus tard.De journal de combat à sa création, Le Devoir a évolué vers la formule du journal d’information dans la tradition nord-américaine. Il s’engage à défendre les idées et les causes qui assureront l’avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise.www.ledevoir.com

Réagissez à cet article

Recommended For You