Avec Samy Moussa, Lanaudière s’ouvre à la création

Le Festival de Lanaudière s’est assuré de l’exclusivité de deux nouvelles œuvres du compositeur montréalais Samy Moussa, dont Elysium, commandée par le Philharmonique de Vienne et présentée en première mondiale samedi prochain à la Sagrada Familia de Barcelone, a appris Le Devoir. L’annonce officielle sera faite jeudi.

L’intérêt pour la création de compositeurs d’ici, couplé avec le souci de tisser de nouveaux partenariats internationaux, est une impulsion nouvelle donnée au Festival par son directeur artistique, Renaud Loranger. Le volet création était laissé pour compte au Festival depuis de nombreuses années.

En s’entendant avec l’Orchestre philharmonique de Vienne pour Elysium, une œuvre orchestrale, et avec l’Opéra national des Pays-Bas pour Antigone, un oratorio pour chœur féminin et orchestre, le Festival s’assure dans les deux cas une exclusivité de contenu. Si Antigone, créée au Dutch National Opera lors de la saison 2024-2025, présente un cas classique de commande partagée entre plusieurs institutions, le projet Elysium, déjà ancien, reposait sur les seules épaules du Philharmonique de Vienne. La partition aurait dû être jouée pour la première fois le 13 septembre 2020. Elle le sera finalement le samedi 18 septembre 2021, lors d’un concert filmé à Barcelone et retransmis dans 30 pays par l’Union européenne de radiotélévision.

« L’entente vient d’être conclue, juste avant la première. Si l’initiative de la commande vient du Philharmonique de Vienne, une entente ouverte permet à des partenaires de se joindre à l’entreprise en cours de route et de façon un peu imprévue », affirme Renaud Loranger, interrogé par Le Devoir. « C’est une entente un peu inusitée, qui permet une coproduction à rebours », résume-t-il. « Il y a une participation financière du Festival. C’est aussi le cas pour Antigone, et dans les deux cas cela implique une forme d’exclusivité temporelle sur les deux œuvres. »

Facteur de rayonnement

L’exclusivité se comprend en général fort bien s’agissant d’un orchestre qui peut en profiter en amenant ensuite l’œuvre, qu’il est le seul à pouvoir jouer, en tournée. Aux yeux de Renaud Loranger, elle n’est pas dénuée d’intérêt pour un festival : « Un présentateur qui cocommande soutient directement le talent, gagne de la flexibilité pour l’exécution des œuvres et obtient une visibilité assez importante, ici une notoriété pour le Festival de Lanaudière à Vienne, Amsterdam et chez d’autres partenaires s’ils embarquent. »

Dans cette optique, « cette alliance avec des institutions internationales majeures positionne Lanaudière comme plaque tournante de la musique classique en Amérique », selon M. Loranger.

Pour Elysium, créée au Canada en 2022 par l’Orchestre symphonique de Vancouver, également cocommanditaire, l’échéance du Festival 2022 est un peu trop proche. On l’entendra donc plutôt en 2023. Pour Antigone, ce sera probablement 2025. Il n’est pas encore défini qui seront les exécutants.

Se lancer dans la commande de nouvelles œuvres n’est pas, pour le Festival, un moyen de débloquer de nouveaux financements, assure M. Loranger : « Il n’y a pas d’arrière-plans. Le festival doit agir à la base dans la création, et il y a eu peu de choses en la matière dans les 30 dernières années. Ces projets avec Samy Moussa sont une première étape d’un projet qui cadre avec notre mission dans un écosystème. »

Quant à la présence des membres du Philharmonique de Vienne à Lanaudière, « il faut être réaliste ; ils sont très occupés pendant l’été », tempère le directeur artistique. Il faudrait trouver une bonne fenêtre tôt en juillet et des partenaires à Saratoga et ailleurs. On peut toujours rêver. 

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