La santé publique donnera des conférences de presse indépendantes du gouvernement

Le directeur national de santé publique par intérim, Luc Boileau, prendra un peu de distance par rapport aux élus, à la suite des nombreux appels réclamant plus d’indépendance pour sa fonction face aux décisions politiques.

M. Boileau a déclaré mardi qu’il organisera prochainement des rencontres avec les médias sans représentants du gouvernement à ses côtés, contrairement à ce qui est la norme depuis le début de la pandémie.

« Cette idée d’avoir des points de presse séparés, des points de contact avec les médias, pour bien expliquer les choses et les points de vue qui émergent de la direction nationale, elle est retenue, a-t-il dit. Alors, ça va se passer dans les prochains jours. Pour moi, c’est une condition qui a été tout à fait acceptée. »

En poste depuis peu, M. Boileau a fait cette déclaration en présence du premier ministre, François Legault, et du ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi, lors d’une conférence de presse sur de nouveaux assouplissements des mesures sanitaires.

Les prochains événements fermés aux élus serviront à « entretenir la presse sur des sujets un peu plus pointus de santé publique [difficiles à étayer lors des conférences régulières], toujours en lien avec la pandémie », a indiqué dans un courriel un porte-parole du ministère de la Santé, Robert Maranda, en précisant que M. Boileau ne rompra pas avec la tradition.

« Ces conférences vont s’ajouter aux conférences régulières où l’on retrouve les représentants du gouvernement et d’autres responsables impliqués dans la gestion de la pandémie », a-t-il affirmé.

Demande du scientifique en chef

Dans une entrevue accordée au Devoir, le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, a réclamé plus d’indépendance de la Santé publique face aux décisions du gouvernement Legault.

Selon M. Quirion, une certaine confusion s’est créée au fil des mois sur les raisons qui motivent la gestion de la pandémie de COVID-19 et des mesures sanitaires.

« Est-ce que c’est vraiment l’avis des experts, ou c’est le politique qui entre ? C’est difficile à démêler, des fois », a-t-il déclaré lundi.

À l’instar du Collège des médecins du Québec et de la commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, qui se sont exprimés récemment, M. Quirion estime que M. Boileau devrait tenir ses propres conférences de presse, sans la présence de M. Legault ou M. Dubé.

« Pour les premiers mois, c’était adéquat, ça a rassuré tout le monde d’avoir le premier ministre continuellement pour faire le point, d’avoir des experts en santé publique juste à côté, dit-il. Après quelques mois, ça aurait été correct de dire qu’on n’a peut-être pas besoin nécessairement de ce modèle-là. Et il pourrait y avoir des conférences de presse séparées du côté des experts en santé publique et du côté politique. »

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</blockquote>

Nommé par le gouvernement en septembre 2011, M. Quirion représente les intérêts de la science et de la recherche au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

Avantages et inconvénients

Aux côtés de M. Boileau, mardi, François Legault a affirmé que les avantages des communications conjointes sont plus nombreux.

« Il y a des avantages et des désavantages à faire des points de presse ensemble ou séparés, a-t-il dit. Il y a une question de vulgariser, de bien communiquer les mesures annoncées. La Santé publique est indépendante et fait des recommandations indépendantes. »

M. Boileau, qui a succédé il y a deux semaines à Horacio Arruda, a assuré qu’il se sent « très indépendant ».

« Je peux vous assurer que c’est hautement respecté, a-t-il affirmé. Il n’est pas question d’arriver avec des négociations sur des idées scientifiques. »

Éliminer la fonction de sous-ministre ?

De son côté, le scientifique en chef, Rémi Quirion, estime qu’une fois la pandémie passée, il faudra s’interroger sur la possibilité que le directeur national de santé publique cesse de cumuler la fonction de sous-ministre adjoint au ministère de la Santé.

« Ça pourrait peut-être faciliter cette distance, dit-il. Il faut avoir de très bons liens avec le politique quand on est directeur national de santé publique. En même temps, garder une distance. »

Par ailleurs, M. Quirion a émis des réserves quant à l’efficacité de la contribution financière que M. Legault veut imposer aux non-vaccinés.

« L’impact va être probablement relativement petit, dit-il. Ce n’est probablement pas simple à mettre sur pied, cette sorte de taxe. Le diable est dans les détails. »

Mardi, Luc Boileau n’avait pas d’avis à formuler. « Je n’y ai même pas réfléchi, on est pris sur bien d’autres choses », a-t-il plaidé.

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