Québec se donne cinq ans pour réformer l’industrie du recyclage

Un jour après avoir reçu les réprimandes du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), Québec resserre ses objectifs de récupération des matières résiduelles et se donne cinq ans pour les atteindre.

Dans un projet de règlement publié mercredi dans la Gazette officielle du Québec, le ministère de l’Environnement officialise ses intentions de pelleter dans la cour des producteurs la responsabilité de la collecte et se donne des objectifs précis de récupération et de valorisation des matières recyclables. Pas plus tard que mardi, le BAPE tapait sur les doigts du gouvernement québécois pour son incapacité à réduire l’enfouissement des déchets.

En 2027, donc, les organismes chargés de la récupération devront revaloriser 85 % des produits de carton, 80 % des plastiques rigides et 70 % du verre, notamment. Ils auront par ailleurs l’obligation d’être équipés pour accepter et récupérer les produits de polystyrène.

Le projet de modernisation de la collecte sélective, qui sera détaillé mercredi matin par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, vise également à étendre le recyclage aux pailles et aux ustensiles en plastique, en 2029.

Les organismes qui ne répondront pas à certaines dispositions du règlement pourront être passibles d’amendes et de sanctions pénales.

La consigne ira de l’avant

Les intentions de Québec ne s’arrêtent pas là. Dans un second projet de règlement publié mercredi, le gouvernement de François Legault confirme ses intentions d’élargir dès la fin de l’année le système de consigne. La réforme, qui a jusqu’ici fait l’objet de projets pilotes plus ou moins réussis, doit permettre de consigner bouteilles de verre, berlingots de lait et autres cannettes de métal.

Le ministre Charette donne dix mois au projet pour se concrétiser. Les bouteilles de vin retourneront 25 cents l’unité au consommateur. Le reste des contenants donneront lieu à des remboursements de 10 cents l’unité.

Les producteurs, locaux ou étrangers, devront assumer les coûts de l’opération. Québec s’est déjà donné les outils pour le faire dans un projet de loi adopté l’an dernier à l’Assemblée nationale, qui inscrivait dans la loi la responsabilité élargie des producteurs, du début à la fin de vie d’un produit.

D’autres détails suivront.

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