Pornhub épinglé dans un rapport choc du Sénat français

Une nouvelle tuile tombe sur MindGeek, ce géant de la pornographie basé à Montréal. Dans un rapport choc sur les dérives de l’industrie, le Sénat français estime que l’audience du site Pornhub est constituée à 17 % de mineurs et s’alarme que des enfants, dont certains d’âge primaire, soient exposés à du contenu de plus en plus « trash et extrême ».

Propriété de MindGeek, Pornhub est sans conteste le site porno qui génère le plus de trafic en France, pays qui arrive au quatrième rang mondial en termes de nombres de consommateurs, après les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon. Chaque mois, 9,2 millions de visiteurs uniques de l’Hexagone le fréquentent.

Or, selon un rapport sénatorial publié mercredi intitulé Porno : l’enfer du décor, quelque 1,6 million des visiteurs de Pornhub sont mineurs, soit 17 % de son audience totale. Cette part dépasse celle de ses principaux concurrents , dont xHamster (7,6 %), xVideos (11,8 %), Tukif (13,4 %) et Xnxx (3,5 %). La quantité de visiteurs mineurs sur YouPorn et RedTube, d’autres plateformes appartenant à MindGeek, est beaucoup moins importante : leur part s’établit respectivement à 7 % et 5,7 %.

La délégation sénatoriale s’alarme du fait que « le porno, y compris le porno le plus trash et extrême, [soit] accessible gratuitement en quelques clics ». Deux tiers des enfants de moins de 15 ans et un tiers de ceux de moins de 12 ans ont déjà été exposés à des images pornographiques, volontairement ou involontairement. « Chaque mois, près d’un tiers des garçons de moins de 15 ans se rend sur un site porno », est-il avancé.

Le rapport du Sénat français détaille la consommation pornographique des mineurs qui, aujourd’hui, ne se fait plus en achetant « discrètement dans des boutiques spécialisées » des cassettes VHS et magazines au contenu qualifié de « soft ». Résultat : la consommation de contenus pornographique « est devenue massive » chez les adultes, mais également très présente « chez les adolescents, voire chez les enfants ». Cela, en violation totale du Code pénal français qui, dans les faits, réprime toute diffusion de contenu porno susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.

Une industrie « aveugle aux souffrances »

Il est rapporté que l’industrie du X « s’est massifiée et structurée autour de quelques acteurs économiques clés », comme MindGeek, qui ne sont pas des joueurs traditionnels de l’industrie, mais plutôt « des spécialistes de la circulation de l’argent ».

Pour ces entreprises, lit-on, les enjeux de rentabilité prennent le dessus sur les considérations humaines : « Cette marchandisation du sexe et du corps des femmes à l’échelle mondiale a généré un système de violences envers les femmes, violences aujourd’hui érigées en norme sexuelle par cette industrie aveugle aux contenus qu’elle diffuse et aux souffrances qu’elle engendre, une industrie tournée vers la seule recherche de profits économiques. »

À ce sujet, les sénateurs rapportent les propos qu’a tenus lors d’auditions ce printemps Grégory Dorcel, p.-d.g. du groupe français Dorcel, un important producteur et diffuseur de contenus porno en France : « Depuis sept à huit ans, des sites sauvages, notamment les tubes, diffusent des contenus pornographiques sans aucune restriction d’accès, pour des raisons purement commerciales, et au mépris de toutes les conséquences que cela peut avoir sur les enfants. »

« Non seulement ils diffusent des contenus pornographiques à n’importe qui — y compris les enfants — , mais ils diffusent également n’importe quoi : images extrêmes, avilissantes », a-t-il déclaré, avançant que ces sites « hébergés à l’étranger, dans des paradis fiscaux » réalisaient près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur un marché du X mondial d’environ 8 milliards.

Le groupe Dorcel estimait que ces plateformes « ont amené un accès sans limites aux contenus pornographiques, […] un affaiblissement des producteurs (voire une dépendance économique), une déresponsabilisation éditoriale et une dérégulation complète sur le web, à l’opposé de la régulation qui règne historiquement sur les réseaux télé ».

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