En train vers la Grande Barrière de corail

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

                                                                                                                                        <strong>Le projet&nbsp;? Batifoler avec Nemo dans le plus vaste et le plus extraordinaire jardin marin du monde tout en sillonnant l’arrière-pays de l’extrême nord-est de l’Australie. En voiture&nbsp;!</strong>




                                                                                                                                                    À la gare ferroviaire de Brisbane, le <i>Spirit of Queensland</i> a fière allure dans sa livrée argentée. Sa destination&nbsp;? Cairns, la ville la plus septentrionale d’Australie. Il l’atteindra en 25&nbsp;heures après avoir avalé 1700&nbsp;kilomètres, soit la distance séparant Montréal de Kangiqsujuaq, au Nunavik&nbsp;!

C’est un départ. Sur le quai, le personnel nous salue de la main. On se croirait au Japon. Notre voiture, elle, a l’air d’une cabine d’avion de classe Affaires, dotée qu’elle est de RailBeds, sièges à coque équipés d’un système de divertissement. Bientôt, on nous servira le souper, avant de transformer nos fauteuils en couchettes et de nous informer de l’existence de douches à bord. Dès lors, on se croira en première classe !

« M’enfin, pourquoi prendre le train ? » demandez-vous. Tout simplement parce que plusieurs des villes jalonnant son parcours permettent d’atteindre facilement la Grande Barrière de corail (GBC), notre véritable destination, puis, pour qui veut voir du pays sans conduire (à gauche, en plus), c’est tout bon.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la GBC s’étire sur plus de 2000 kilomètres le long des côtes de l’État du Queensland, entre Bundaberg et le cap York, tout au nord. Composée de 900 îles et de 2500 récifs distincts, elle forme une courtepointe de 350 000 km2 où vivent 400 espèces de coraux ainsi que des milliers d’espèces de poissons et de mollusques.

Au fil de cet écosystème unique au monde, qui attirait en moyenne 1,3 million de touristes annuellement au cours des cinq ans précédant la pandémie, des sorties en plongée sous-marine ou en apnée de même que des excursions aériennes permettent d’en admirer toute la diversité. Ainsi, au bout de notre nuit à bord du Spirit, nous descendrons à Proserpine, à mi-chemin du trajet, pour explorer, au départ d’Airlie Beach, l’un des plus spectaculaires points d’accès à la GBC : l’archipel des Whitsunday.

Mosaïque Moiré et dentelles de corail

 

Partie prenante du Great Barrier Reef Marine Park, cet archipel est composé de 74 îles boisées, dont Whitehaven et sa Whitehaven Beach. Tapissée d’un sable étincelant composé à 98 % de silice, cette plage est considérée avec raison comme l’une des plus belles de la planète. C’est d’ailleurs ce minéral, le même qu’au Blue Lagoon islandais, qui confère à l’eau son bleu turquoise irréel.

Apprécié des adeptes de voile, car protégé des déferlantes par la GBC, l’archipel est aussi fréquenté par les plongeurs. « C’est un type de plongée particulier que nous pratiquons ici, dit le moniteur Jamie Wilson, d’Ocean Dynamics. Cette partie du récif est réputée pour ses coraux mous et la couleur de l’eau, mais à cause de la forte marée et du brassage des sédiments qui s’ensuit, la visibilité est souvent d’à peine trois à quatre mètres ! » Voilà qui ajoute un frisson supplémentaire à l’aventure sous-marine… Le frisson sera toutefois à son comble lorsqu’en survolant la mer de Corail en hélicoptère, on apercevra un récif en forme de coeur, des raies mantas et les fines broderies que composent, à fleur d’eau, les platures coralliennes !

Incarnant Bali dans le film Billet pour le paradis, qui vient de prendre l’affiche et qui met en vedette Julia Roberts et George Clooney, Hamilton est l’une des rares îles Whitsunday hébergeant les touristes. Mais nous lui avons préféré un îlot où les wallabies gambadent sur les rochers le soir venu : Hayman. En 1947, un pionnier de l’aviation australienne y inaugura le premier hôtel de la région. Aujourd’hui, celle-ci peut s’enorgueillir de l’InterContinental Hayman Island Resort, qui accueille de chics habitués : des cacatoès à huppe jaune !

Le « pays de mer » aborigène

De retour à bord du Spirit panoramique, nous regardons défiler troupeaux de bovins, maisonnettes proprettes, plantations d’ananas, bananeraies et mers de canne à sucre. À partir de Townsville, les vertes et denses montagnes des Tropiques humides du Queensland, un ensemble de parcs nationaux classés par l’UNESCO, s’approchent et s’éloignent de nous tour à tour. À Gordonvale, le train s’arrête à côté d’une sucrerie fumante, et ça fleure fort le bon jus de canne ! À Cairns, mecque des plongeurs, terminus, tout le monde descend.

« Cairns est vraiment la meilleure porte d’entrée de la GBC, parce que nous sommes à la pointe du plateau continental, explique Richard Blanch, moniteur de plongée chez Reef Magic. Plus on descend vers le sud, plus le plateau s’élargit. Il est donc plus facile de l’atteindre à partir d’ici. »

C’est au récif Moore, à 25 kilomètres au large de la ville, que Reef Magic a ancré son nouveau ponton. Misant sur l’énergie solaire et éolienne pour alimenter ses installations, il donne dans l’écoplongée, et cela nous sourit.

Immergé dans la paix de ce bleu infini, on contemple des napoléons (labres géants), des bénitiers moussus et des tortues. Tiens, il pleut des myriades de petits poissons (clowns, à corne, perroquets, trompettes, papillons), en bancs ou jouant à cache-cache entre anémones, étoiles de mer, gorgones et coraux mous ébouriffés.

En pâmoison devant toutes ses splendeurs, on se dit que la GBC remplit ses promesses : nous voilà en parfaite communion avec le « pays de mer » des Aborigènes. Un pays qui se révèle encore plus extraordinaire que celui rêvé, que celui ici raconté.

Carnet de route

Notre journaliste était l’invitée de Tourism and Events Queensland.
Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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