Le Brésil démarre du bon pied, mais pas Neymar

Le Brésil plane, Neymar boite: la Seleçao s’est affirmée jeudi comme l’une des favorites du Mondial-2022 en réussissant son décollage contre la Serbie (2-0) avec un incroyable retourné acrobatique de Richarlison, double buteur, mais « Ney » est sorti touché à une cheville.

Arrivée au Qatar avec une belle étiquette d’épouvantail, l’équipe aux cinq Coupes du monde n’a rien fait pour détromper ceux qui la craignent: elle a donné le tournis à la Serbie, pourtant résistante pendant une heure, jusqu’à porter l’estocade par Richarlison, d’un but de renard (62e) puis d’un mémorable enchaînement contrôle-ciseau acrobatique qui tournera en boucle sur toutes les télévisions de la planète (73e).

Ce n’est qu’une entrée en lice, certes, et il faudra que les Brésiliens maintiennent un tel niveau pendant un mois, ce qui dépendra peut-être de l’état de leur maître à jouer Neymar, sorti avec la cheville droite gonflée, une articulation qui lui a déjà joué des tours par le passé: « Ney » avait déjà été touché à cette cheville droite en 2019, le forçant à renoncer à disputer la Copa America.

En attendant, le Brésil a réussi sa première là où d’autres, comme l’Allemagne et l’Argentine, ont eu des trous de mémoire à l’heure de monter sur scène.

« C’est l’un des favoris », a reconnu le sélectionneur serbe Dragan Stojkovic. « En seconde période nous avons décliné physiquement. Le Brésil a su en tirer profit, ils ont d’excellents joueurs et ils nous ont punis. »

Samba à contretemps

Voilà déjà la Seleçao en tête de sa poule (3 pts) à égalité avec la Suisse, victorieuse du Cameroun (1-0) et prochain adversaire de l’équipe du sélectionneur Tite lundi (17h00), dans un groupe G où Serbes, Brésiliens et Suisses s’étaient déjà croisés au même stade il y a quatre ans.

Est-ce l’année de la Canarinha ? Vingt ans après son dernier sacre, le Brésil croit dur comme fer à sa sixième étoile, cet « hexacampeonato » qui lui échappe depuis deux décennies, au fil de désillusions majuscules comme le fameux 7-1 subi contre l’Allemagne en demi-finales du Mondial-2014 à domicile.

Même le « Roi » Pelé a exhorté jeudi les Brésiliens à « ramener le trophée à la maison ». Et la bande à Neymar a pris ses aises dans ce stade de Lusail, où elle espère revenir le 18 décembre pour la finale du tournoi.

Reste qu’être le grand favori suppose de menus inconvénients, comme par exemple des adversaires défensifs, coriaces, compacts et déterminés comme la Serbie, qui n’a eu aucune occasion en première période!
 

Avec son schéma ultra-offensif à quatre attaquants, la sélection auriverde a tourné autour du fortin serbe, tentant en vain de passer par les ailes, par l’axe, ou encore frappant de loin, tel Alex Sandro qui a trouvé le poteau (60e).

Mais le football samba était un peu à contretemps: l’ailier barcelonais Raphinha a manqué de clairvoyance dans le dernier geste (35e, 46e). Quant à Vinicius, son homologue de l’aile gauche, il a fait davantage admirer sa pointe de vitesse que sa finition (28e, 41e)…

Sacré destin pour Richarlison

 

Passe-muraille habituel du Brésil, Neymar a eu quelques fulgurances, comme un corner direct boxé par le gardien (13e) ou une reprise instantanée hors cadre (56e). Il est donc resté bloqué à 75 buts, à deux longueurs du record de Pelé en sélection brésilienne, avant de sortir à la 79e minute, la cheville gonflée.

Entretemps, au bout d’une percée de « Ney », Vinicius a pu frapper, le gardien a repoussé et Richarlison, qui avait suivi, a délivré les milliers de supporters auriverdes massés dans les gradins (62e).

Son deuxième but est admirable, peut-être déjà le but du tournoi: contrôle en pleine surface du gauche puis retourné acrobatique du droit pour faire chavirer de bonheur les supporters, qui ont ensuite scandé « Olé » à chaque passe brésilienne.

Le score était acquis et si Casemiro a trouvé la barre (81e), cela n’enlève rien au bilan de la soirée: le Brésil a une bonne tête de favori… à condition que Neymar soit rapidement remis.

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