Une communauté crie lance une entreprise pour lutter contre la crise du logement

Dans le contexte de la crise du logement qui frappe de nombreuses communautés autochtones, une entreprise détenue par la Première Nation crie de Waswanipi, au Nord-du-Québec, veut produire son propre bois de construction pour accélérer la construction d’habitations sur son territoire.

La Corporation Mishtuk, détenue par la Première Nation crie de Waswanipi, a annoncé, jeudi, la création de la scierie Bois d’oeuvre Cri, en collaboration avec l’entreprise locale Chantiers Chibougamau, ainsi que les gouvernements fédéral et provincial.

Le projet est une façon de donner de l’espoir aux jeunes de la Première Nation crie de Waswanipi, a dit Paul Gull, président du conseil d’administration de Bois d’oeuvre Cri, lors d’une conférence de presse dans les installations de la scierie. Cette communauté de 1400 personnes est située à près de 140 kilomètres de Chibougamau.

« Nous devons redonner quelque chose aux jeunes. Nous n’allons pas tous être des chasseurs ou des pêcheurs. Nous ne pouvons pas revenir dans le passé, mais nous pouvons avoir quelque chose qui va soutenir notre communauté. »

Crise du logement

 

Bois d’oeuvre Cri est lancée dans un contexte d’une crise du logement dans les communautés autochtones. Au maximum de sa capacité, la production de l’usine permettrait de fournir le bois nécessaire à la construction de 2000 maisons par année.

Les neuf communautés cries d’Eeyou Istchee, dont fait partie Waswanipi, estiment qu’il faudra construire 5250 nouvelles maisons unifamiliales sur son territoire au cours des 15 prochaines années.

Les Cris ne sont pas le seul peuple à subir les conséquences de la pénurie de logements.

Les défis pour construire dans les régions éloignées du Nord-du-Québec sont nombreux, a expliqué Mandy Gull-Masty, grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec, en entrevue en marge de l’annonce. « Il y a beaucoup de freins, ce n’est pas juste une chose. »

« En premier, on n’avait pas le financement pour des projets comme ça. Le coût de construction dans le Nord, c’est très élevé, c’est presque le double. Il y avait aussi un manque de main-d’oeuvre. »

Environ 18 % des 667 000 ménages autochtones recensés au Canada en 2022 ont des besoins de logement, selon un rapport du bureau du Directeur parlementaire du budget (DPB). Cette proportion atteint 12 % au Québec.

Le manque de logements, qui force des familles à vivre entassées dans une même résidence, a des conséquences sur la santé publique.

Dans un rapport publié en octobre dernier, la coroner Geneviève Thériault a lié la mort de 10 nourrissons dans les communautés inuites du Nunavik au manque de logements sociaux sécuritaires. Dans les 10 cas, la surpopulation dans le logement était un facteur de risque récurrent, a-t-elle souligné.
 

Une relation pour la transition énergétique

Maintenant qu’il a hérité du portefeuille de l’énergie, Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, se dit « très sensible » aux relations avec les nations autochtones tandis que plusieurs représentants des Premières Nations avaient pris la parole durant la campagne électorale pour dénoncer la méconnaissance du gouvernement Legault des enjeux qui touchent leurs communautés.

M. Fitzgibbon ne connaissait pas Mme Gull-Masty avant de l’avoir rencontrée à l’assermentation des ministres du gouvernement Legault, en octobre dernier. Depuis, le ministre a eu des rencontres pour discuter de plusieurs dossiers.

« On a parlé une heure et demie ensemble pour parler d’autres projets de la région qui vont être importants pour le développement économique du Québec », a-t-il relaté lors d’une mêlée de presse en marge de l’annonce.

« On a regardé quels sont les projets de ressources naturelles qui peuvent s’intégrer dans notre stratégie de batterie, a-t-il précisé. On parle des minéraux critiques. On a parlé de comment l’énergie renouvelable va aider la décarbonation du Québec. »

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