Projet de loi immigration : la LR Annie Genevard redoute une «opération de régularisation massive»

«S’il y a un texte sur lequel on n’est pas prêts au compromis, c’est celui-là. On sera d’une très grande exigence», a affirmé à l’AFP Annie Genevard, présidente par intérim des Républicains (LR), en faisant mine de s’interroger : «Pourquoi tous les pays se dotent-ils de législations toujours plus contraignantes ?»

La députée du Doubs s’est notamment inquiétée de la volonté du gouvernement de créer un titre de séjour «métier en tension» car, selon elle, «tous les métiers sont en tension aujourd’hui». «On a affaire à une opération de régularisation massive» a-t-elle affirmé.

«J’entends que les chefs d’entreprise ont besoin de main-d’œuvre, mais après les problèmes, les demandes de logement, de service, on n’y arrive plus, on n’arrive plus à intégrer», et «on ne peut pas avoir sur ces questions un seul point de vue économique et comptable» a-t-elle affirmé.

«On a perdu notre souveraineté», estime Anne Genevard

Mi-septembre, lors d’un discours devant les préfets, Emmanuel Macron avait annoncé qu’un projet de loi asile et immigration serait déposé «dès début 2023». Depuis, l’expulsion contrariée de l’imam marocain Hassan Iquioussen, l’épisode de l’Ocean Viking ou encore le meurtre de la jeune Lola, sont venus nourrir les accusations de l’opposition de droite et d’extrême droite qui estime que la gestion de l’immigration échappe à l’Etat.

Résultat, le projet de loi devrait s’accompagner d’un tour de vis sur les expulsions. «Il faudra voir» estime toutefois Annie Genevard, car «si on n’a pas des mesures fortes, la situation est hors de contrôle». «On a perdu notre souveraineté», a-t-elle ajouté, en déplorant que «les juridictions européennes battent en brèche des juges français».

Alors que Les Républicains doivent élire début décembre leur prochain président, Annie Genevard a estimé que «le principal enjeu» du parti serait de «faire en sorte que le peuple de droite – qui, nous dit-on, est majoritaire dans le pays – identifie LR comme étant l’expression de son choix politique».

Alors que les trois candidats – Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié – promettent rénovation ou rupture, Annie Genevard a estimé qu’«il y a des signaux à donner d’un changement», notamment «dans le fonctionnement interne». «Mais le changement de nom ne suffira pas à rénover et à rebâtir le parti», a-t-elle assuré, alors que Bruno Retailleau estime que «la marque est morte».

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