La suspension de Martine Wonner par l’ordre des médecins provoque des remous

Nouvelle atteinte à la liberté d’expression dans le domaine sanitaire ? Martine Wonner, psychiatre et ancienne députée La République en marche (LREM) du Bas-Rhin puis opposante au gouvernement, a été suspendue le 25 novembre pour un an par la chambre disciplinaire du Conseil de l’ordre des médecins du Grand Est, à Nancy, après deux plaintes concernant ses propos sur les masques et les vaccins lors de la pandémie de Covid-19.

«Cette décision est totalement scandaleuse. Je suis extrêmement et profondément inquiète quant à la liberté d’opinion et la liberté d’expression dans notre pays», a-t-elle réagi auprès de l’AFP, faisant part de son intention de faire appel. «Je savais que ce serait une décision politique. La justice ordinale avait-elle légitimité à me convoquer ? Toute la question est là. En tout cas, ça me donne toute l’énergie nécessaire pour continuer à me battre sur le plan politique», a-t-elle ajouté.

Plusieurs figures politiques souverainistes se sont également scandalisés de la décision, à l’instar du député de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. Celui-ci qualifie la suspension de «scandaleuse». «La liberté d’expression dans notre pays est en grave danger. Total soutien à cette femme courageuse», a ajouté l’ancien candidat à la présidentielle sur Twitter.

Le patron du parti Les Patriotes Florian Philippot en appelle pour sa part à la dissolution du Conseil de l’ordre des médecins, en s’exclamant : «Mais quelle honte ! Quelle infamie ! Tout mon soutien ! J’espère que ça s’arrangera en appel !»

De même, l’économiste souverainiste Philippe Murer apporte aussi son soutien à Martine Wonner. «Scandaleux, injuste mais aussi antidémocratique : elle s’exprimait en tant que députée et c’est le médecin qui est suspendu», argumente-t-il.

L’ancienne députée, élue sous la bannière LREM en 2017 avant d’être exclue du groupe parlementaire en 2020, avait été convoquée début novembre par l’instance après deux plaintes déposées en 2021 par l’association «No FakeMed» – qui a pour but revendiqué «la promotion de la médecine fondée sur les preuves scientifiques» – et par le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom).

En appel, souligne l’AFP, c’est à la chambre disciplinaire nationale qu’il revient de statuer. Elle est présidée par un magistrat professionnel, conseiller d’Etat, et composée d’assesseurs, des médecins élus au sein de l’ordre.

Martine Wonner s’est-elle exprimée en tant que députée ou médecin ?

Lors de l’audience, les plaignants avaient affirmé que Martine Wonner avait fait la promotion d’«informations erronées» et avait diffusé des «protocoles de soins» contre le Covid «sans fondement scientifique», notamment l’ivermectine ou l’hydroxychloroquine, sur son compte Twitter où elle se présente comme psychiatre.

Ils avaient soutenu que l’immunité parlementaire ne s’appliquait pas pour les propos tenus par l’ex-députée en dehors de l’Hémicycle car elle «utilisait sa qualité de médecin pour exprimer ses opinions», notamment lorsqu’elle se rendait à des rassemblements dénonçant le port du masque, ou qu’elle soutenait que les tests PCR donnaient de faux résultats.

La défense avait au contraire soutenu que Martine Wonner s’exprimait bien comme députée et non comme médecin car, bien qu’encore inscrite au conseil départemental de l’ordre des médecins du Bas-Rhin, elle n’exerçait plus son activité médicale depuis son élection en 2017.

Martine Wonner s’est notamment opposée vigoureusement au pass sanitaire et à tout potentiel projet de vaccination obligatoire contre le Covid-19. En juillet 2021, elle avait fait polémique en appelant à aller «faire le siège des parlementaires» et «envahir leurs permanences pour dire que vous n’êtes pas d’accord» pour protester contre une extension du pass sanitaire qui était prévue à cette époque.

Une sanction de l’ordre des médecins contre un sénateur LR également polémique

Le 4 novembre, la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins de Bourgogne Franche-Comté avait prononcé une interdiction d’exercice de la médecine de neuf mois ferme contre le radiologue Alain Houpert, sénateur Les Républicains de Côte-d’Or, pour «fautes déontologiques» en raison de certaines de ses prises de position au cours de la pandémie de Covid-19.

Cette décision avait également soulevé un tollé auprès d’un certain nombre de personnalités politiques, dénonçant une entrave à la liberté d’expression 

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